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La micronutrition

Normalement, l’homme devrait trouver dans son alimentation des quantités suffisantes de macronutriments (glucides, protéines et lipides) mais également de MICROnutriments (vitamines, minéraux et oligoéléments) pour couvrir l’ensemble de ses besoins. Ces besoins sont définis par ce qu’on appelle les “apports nutritionnels recommandés”.

Malheureusement, plusieurs études ont démontré, et ce depuis un moment déjà, qu’une majorité de la population ne trouvait plus ces apports recommandés en micronutriments dans l’alimentation moderne, et ceci pour plusieurs raisons :

  • D’une part, les dépenses caloriques ont drastiquement diminués avec l’industrialisation : en effet, la diminution de temps de travail, la sédentarisation par les transports en commun et la voiture, par la mécanisation de nombreuses activités manuelles, et le changement d’utilisation de son temps libre (TV plutôt que sorties), ont menés à dépenser moins de calories, et par la force des choses, à en consommer moins. Cette baisse de la consommation énergétique s’accompagnant logiquement d’une baisse d’apport en micronutriments. S’il était “facile” de trouver son apport recommandé en micronutriment dans 8000 kcal journalières, il est plus difficile de le trouver dans 2000 kcal.
  • D’autre part, la proportion de micronutriments dans les aliments consommés a, elle aussi, drastiquement diminué. Ceci étant dû à différentes causes :
    • Premièrement, l’agriculture intensive lessive les sols et utilise des engrais augmentant la vitesse de croissance des plantes, diminuant ainsi leur richesse en micronutriments.
    • Ensuite, l’utilisation de pesticides et herbicides empêchent la transformation des minéraux par les micro-organismes, transformation nécessaire à leur meilleure absorption par l’homme.
    • De plus, la cueillette des végétaux avant maturation complète et le temps passé entre cette cueillette et la consommation, ainsi que le raffinage et le traitement de conservation (conserve, surgélation), enlève encore une grande partie de leurs minéraux aux végétaux.
    • Enfin, la consommation toujours plus croissante d’aliments ultra transformés, riche en macronutriments mais dépourvu de micronutriments, finit de réduire notre apport en micronutriments. En effet, aujourd’hui, en moyenne 60% des calories ingérées sont dites “calories vides”, c’est-à-dire dépourvues de vitamines et minéraux.
Lorsqu’on sait comme de nombreux symptômes, voire même certaines maladies, peuvent être “simplement” liés à l’une ou l’autre (ou plusieurs) carence(s) en micronutriments, l’importance d’un apport satisfaisant devient alors une priorité et devrait dès lors faire partie intégrante de la démarche thérapeutique des professionnels de santé.

Les consultations de micronutrition englobent donc l’étude clinique, physiologique et biologique, ainsi que la prise en charge des déséquilibres et des déficiences en macro/micronutriments et dérivés, tels que vitamines, oligo-éléments (Fer, Magnésium,…), acides gras essentiels, probiotiques, neuromédiateurs/neurotransmetteurs et hormones.

Dr. Aude Materne